Site Meter
Pour poser vos questions, une adresse:
entraidebibliophile @ gmail.com

Nous recherchons en permanence toute information sur les éditions des Mille et une nuit d'Antoine Galland avant 1730. N'hésitez pas à nous contacter si vous être en possession d'un volume.

jeudi 18 août 2011

Format et imposition : deux notions bien distinctes

Bonjour,

aujourd'hui un petit article d'un tout autre ordre, afin de bien faire distinguer la différence entre le format et l'imposition. Il arrive que des libraires, quelquefois très bien établis, ne sachent pas faire la différence entre les deux et vous diront que tel livre est au format in-8.

Cette expression format in-8 est un non-sens. En effet, in-8 est une imposition qui ne définit nullement un format. Cette dérive vient certainement du fait que lorsqu'on annonce un in-folio, un in-8 ou un in-12 du XVIIIème ou plus ancien, le format est quasiment toujours le même, à peu de chose près, alors que le XIXème et surtout le XXème a beaucoup joué sur les papiers (même si on voyait déjà au XVIIIème des in-12 du même format que les in-8).

Tout d'abord l'imposition : lorsqu'on annonce un in-8 ou in-octavo, cela veut dire que sur la feuille de départ, on avait imposé 8 pages de chaque côté du papier, soit 16 pages en tout, d'où des cahiers de 4 feuillets soit 8 pages recto-verso.
Dis comme cela, ça peut paraître un peu barbare, donc voici déjà un petit dessin du recto et du verso d'une feuille imposée en in-8.

Imposition in-8


Et pour bien distinguer toutes les impositions, voici un petit tableau récapitulatif des principales impositions:

Imposition
Autre appellation
Nombre de pages
Nombre de feuillets
In-2
In-folio
4
1
In-4
In-quarto
8
2
In-8
In-octavo
16
4
In-12

24
6
In-16

32
8



Venons en maintenant au format. Le format final est conditionné par deux choses :

  • Le format de la feuille
  • L'imposition

Autrefois, les tailles de papier n'étaient pas très variées, et il y avait déjà des formats normés à l'époque, tels que les Raisin, Jésus, Carré, Univers, etc. mais qui variaient quand même dans la taille finale en raison du séchage par exemple. Leurs noms viennent des filigranes qu'ils avaient. Pour avoir une liste détaillée, ne pas hésiter à se reporter à la page wikipedia.


Voici quelques exemples de ce que ça peut donner comme format réel :


Nom du format
Format
In-4
In-8
Ecu
40*52
20*26
13*20
Carré
45*56
22.5*28
14*22.5
Raisin
50*65
25*32.5
16.2*25
Jésus
56*76
28*38
19*28
Univers
100*130
50*65
32.25*50
Si on voulait donc être précis, il faudrait donc parler de in-8 Raison, in-12 Carré, etc. comme le font très bien certains libraires.

C'est en faisant des recherches sur les gravures d'un livre in-8 que je me suis aperçu que tous les libraires qui le proposaient à bon prix l'indiquaient comme in-12 ou in-16 et que j'ai eu envie de faire ce petit article. De mon côté, je sais que j'ai encore des lacunes, mais j'avoue que concernant ce point, j'a été assez étonné de ce qu'on pouvait trouver! Et depuis, j'ai encore vu un autre livre présenté comme étant un in-12 dans le catalogue d'une grande librairie et in-4 dans une vente à Drouot...

Wall

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci Wall de faire cette précision; je pense que beaucoup font la confusion, abus de langage passé dans le quotidien. Vous montrez, encore une fois, que tout s'apprend, même quand on est le dernier libraire à la mode, fier de sa reussite, ou un professionnel dont on ne remet pas les compétences en doute. Un article de référence qui m'a fait avancer.
Bien à vous.
Sandrine.

martin a dit…

Il ne faut pas confondre format et dimensions, mais l'expression format d'un livre est correcte.
En plus, les dimensions ne dépendent pas seulement du format du papier et de l'imposition, mais aussi du relieur.

Anonyme a dit…

Aux 19ème et 20ème, c'est un fait que le relieur ne lésinait pas sur le massicotage et le rognage.... Aujuourd'hui, la plupart des cahiers des charges issus des bibliothèques et archives spécifie en gros titre : Rognage, ébarbage et massicot interdit.
Bien à vous.
Sandrine.
Si ce n'est pas inscrit, c'est qu'il y a encore des gens dont la formation est incomplète. Comme certains de mes anciens clients qui ne sont jamais revenu parce que je n'ai pas obtempéré à leurs ordres de massicoter en large.
Ce n'est pas parce qu'on a de l'argent qu'on peut tout avoir.

martin a dit…

On parle de quoi, ici? De livres anciens, non?

sandrine a dit…

Oui, il me semble. C'est une éducation à faire auprés des amoureux des livres, sur ces notions qui ne sont pas évidentes pour tous. Les archives et les bibliothèques ne font pas relier que des revues et des périodiques.
Ils sont, cependant, une référence en matière de protocoles, Non?
Formats, impositions, tout est interdépendant.
Bien à vous.
S.

calamar a dit…

c'est un vieux débat, traité par exemple dans les commentaires de cet article de Bertrand : http://le-bibliomane.blogspot.com/2011/05/courrier-des-lecteurs-propos-de-la.html
et personnellement, quand je lit une description de catalogue, je suis de l'avis de Paule Adamy : l'indication donnée sous forme d'imposition n'est souvent en fait qu'une indication de format, un peu vague... surtout quand on a des "grands" et des "petits" qui s'y rajoutent. Le format en centimètres est sans doute moins noble, mais on comprend mieux :)